Lucrézia Guerbette

Lucrézia Guerbette et son copain Brice Camus Ait Ali rêvaient de venir au Canada après leurs études. Pendant une activité scolaire, un étudiant français a témoigné de son expérience d’études au Cégep de Matane. Il n’en fallait pas plus pour les amoureux pour précipiter leur projet de voyage à l’étranger. Venus initialement en 2019 pour un an, ils ont fini leurs études (elle en tourisme et lui en informatique) et ont trouvé aussitôt un emploi dans leurs domaines en Matanie.

Dans le cadre de ses études, elle a profité d’un stage rémunéré au sein de l’équipe de Supertronix comme responsable aux communications et marketing pour la compétition à Détroit. Malheureusement, la compétition a été annulée par la pandémie, mais l’expérience lui a tout de même ouvert une fenêtre sur le monde du travail.

Lucrézia souligne d’ailleurs que la proximité entre les gens favorise les opportunités d’emploi et que l’ascension est plus rapide que dans les grandes villes. De réceptionniste à directrice d’un centre d’appels et relations agences, il ne lui aura fallu que trois ans pour gravir les échelons. Elle se surprend encore de pouvoir acquérir cette expérience alors qu’elle n’a que 26 ans.

« Ici, on reconnaît plus les compétences que les diplômes. À Matane, on n’a pas à faire sa place, on a à la trouver. » Bien installée, elle continue d’ailleurs dans cette voie en poursuivant des études à l’Université Laval (à distance) en tourisme durable, ressources humaines et management.

Quand on la questionne sur ce qui l’a surprise à son arrivée, outre la froidure de l’hiver, elle note l’immensité des paysages, de l’espace : « La perception des distances est différente. Faire une heure pour aller dans un resto à Rimouski, c’est normal. Faire 30 minutes en France, c’est beaucoup ! » Aussi, le fait d’être à plusieurs heures d’un aéroport international rend les rassemblements familiaux plus rares et plus difficiles. Et ça, elle l’a découvert à son arrivée : « Sur une carte, on ne saisit pas bien à quel point c’est loin ! »

Heureusement, la proximité avec les gens contrebalance bien l’éloignement géographique des grands centres. Venant d’une petite localité, on pourrait croire qu’elle connaît ce que c’est que d’être “tissé serré”, mais il en est tout autrement. En Matanie plus qu’en Normandie, elle apprécie cet esprit de communauté où “tout le monde connaît tout le monde”. « On se sent rapidement chez soi. Les rapports avec les gens sont plus faciles, beaucoup plus inclusifs que ce soit en tant qu’étrangère ou qu’en tant que femme par rapport à la France. »

L’adaptation se fait aussi plus facilement à deux, quand on est loin de sa famille. Après le cégep, alors que la plupart de leurs amis quittent pour la ville ou retournent en France, Lucrézia et Brice peuvent compter l’un sur l’autre pour se motiver à participer aux activités et à faire de nouvelles rencontres. Les compétences en service à la clientèle de la jeune femme lui permettent aisément de s’adapter aux gens : « Tu es comme une éponge qui essaie de mieux comprendre et ça aide. » Elle parle d’ouverture d’esprit, de flexibilité, mais surtout de bienveillance. C’est d’ailleurs un mot qui revient souvent lorsqu’elle évoque sa terre d’accueil. On sent que c’est sans aucun doute la compassion et l’humanité des gens qui ont croisé son chemin qui marque son parcours et de ça, elle en est fort reconnaissante.

Rédaction : SANAM
Photos en extérieur : Atelier Camion
Autres photos : Gracieuseté de Lucrézia Guerbette