Coralie Chauvin
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S’il y a bien un qualificatif qui colle à Coralie Chauvin, c’est le mot aventurière. Quelques mois après un voyage d’un an en Asie, elle décide, avec son copain de l’époque, de repartir, en sac à dos, parcourir le monde pendant 2 ans. On comprend alors facilement comment la jeune Nantaise a décidé de quitter sa terre natale il y a 31 ans à la suite d’une rencontre fortuite avec un couple décidé à émigrer au Canada. Alors que ce couple et leurs enfants se préparaient à faire le grand saut de l’autre côté de l’océan, ils ont lancé l’invitation à Coralie de les suivre et il ne lui en fallut pas plus pour immigrer elle aussi.
« Quand j’ai quitté la France, je ne voulais pas venir au Canada. Mon idée, c’était d’aller à Darwin, au nord de l’Australie. Puis finalement, ce couple m’a proposé de me loger en arrivant, donc j’ai fait mes démarches et au bout d’un an, j’étais prête à partir. » Formation en horticulture en poche, elle s’est rapidement trouvé un emploi dans des serres horticoles à Ste-Dorothée (Laval), aux côtés d’autres immigrants venant surtout d’Amérique latine. Après 13 ans comme directrice des ventes dans une bannière en rénovation, elle a décidé de changer de cap, attirée par le monde du café. Elle a ainsi endossé le rôle de directrice des ventes dans une entreprise de café, alors qu’à l’époque, elle ne connaissait pratiquement rien de cette boisson ! Ce sont des Italiens qui lui ont appris les rudiments d’un bon café, mais elle a surtout fait de la route pour vendre des accessoires, des produits d’entretien, des programmes et pour réparer des machines à café commerciales. Elle finira finalement par créer sa propre compagnie spécialisée en café : Miss Café.
Entretemps, elle est tombée amoureuse d’un Matanien et en 2017, ils ont acheté un pied à terre à Matane qu’ils louent à l’occasion. Quand la pandémie est arrivée, ils ont fait le choix d’emménager pour de bon dans la région. Mais en arrivant en Gaspésie, elle s’est cependant vite rendu compte qu’elle ne pouvait pas faire la même chose qu’à Montréal : il y a trop peu de cafés pour être rentable. Motivée par l’amour et la possibilité de vivre dans la simplicité, entourée par les paysages inspirants du fleuve et « l’odeur des pinèdes sucrées les matins d’été », Coralie était déterminée à trouver sa place. S’il n’y avait pas beaucoup de cafés et que c’est sa spécialité, pourquoi ne pas en ouvrir un ?
Lieu de rencontres par excellence, Coralie s’est découvert une nouvelle passion dans la gestion de ce café où elle met de l’avant l’importance des relations humaines. Elle apprécie le mélange de cultures et de générations, la convivialité des échanges entre les habitants et les touristes qui fréquentent son établissement.
« Souvent, il y a des gens qui ont besoin de parler et qui ont plein d’histoires le fun à me raconter. Il me raconte des affaires, le centre-ville, comment c’était avant et ce qu’il faisait quand ils étaient petits et qu’ils jouaient. C’est sûr que, quand arrive l’hiver, les touristes ont disparu, ça fait quand même un choc pour le commerce. Mais en même temps, c’est ce qui fait la beauté de la chose. En fait, ici, je trouve que finalement ce n’est pas redondant. Tu pourrais être à Montréal mais tu restes à côté d’une bouche de métro, pis là les clients, ça rentre, puis ça ressort, ça rentre, ça ressort douze mois sur douze. Mais ici, tout d’un coup, l’été amène les touristes qui apportent du sang neuf. Parce que finalement, ils arrivent ici, ils découvrent la ville. Les locaux qui sont habitués à boire s’assoient, écoutent les touristes qui sont à côté d’eux et finissent par discuter avec la table d’à côté et leur donnent leurs bonnes adresses pour leur voyage. »
Du côté de la gestion administrative, Coralie est tout aussi comblée : femme cartésienne, analytique, elle aime la solitude autant qu’être entourée. Elle apprécie aussi beaucoup le côté technique des choses où il faut de l’observation, de l’écoute, de la patience, des qualités fort appréciables pour les formations qu’elle offre tant auprès de ses employés que du grand public.
Quand on lui demande quelle activité elle aime pratiquer, la réponse a de quoi surprendre : le curling. « C’est un sport que je trouve vraiment honorable, car il faut être précis, très technique. C’est un sport très cardio quand tu le joues intensément. Même que c’est un sport qui reflète un peu le mélange des genres dans mon café. Dans l’équipe de quatre, tu peux avoir une personne comme moi qui a 54 ans, un autre monsieur qui a 80 ans, une autre madame qui en a 61 et un jeune de 18 ans. Et il y a un respect mutuel entre les quatre personnes. C’est un équilibre parfait. »
Rédaction : SANAM
Photos en extérieur : Atelier Camion
Autres photos : Gracieuseté de Coralie Chauvin