Clément Devoucoux
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Clément Devoucoux se définit comme un “gars d’opportunité”. On peut aussi dire qu’il les crée puisqu’il est déjà bien impliqué dans son milieu. Joueur et membre du conseil d’administration de la ligue d’improvisation SLIM, il œuvre également sur le CA de Cinémalice et comme coordonnateur au développement. Les adeptes de jeux Chez Elmo le connaissent également comme un participant drôle et exubérant de l’équipe des Tartiflettes, clamant à qui veut l’entendre que la réponse est assurément Dalida!
Ce dynamique jeune homme de 25 ans a tellement rêvé de venir au Canada que ses parents se sont cotisés pour lui offrir 2 à 3 semaines au pays pour ses 18 ans. Ce fut finalement un partenariat entre son lycée et le Cégep de Matane qui lui a permis de faire une année passerelle en informatique. Encore incertain de son avenir en France, cette année d’étude lui a donné l’occasion de gagner un peu de temps.
Il avait 19 ans quand il est fraîchement débarqué de l’avion pour prendre l’autobus de l’accueil du Cégep. Et heureusement qu’il y avait ce transport: « Je me demandais comment j’allais me rendre de Montréal à Matane en me disant qu’il y aura sûrement un taxi ou un Uber. Et c’est environ un mois avant de prendre l’avion, que je me rends compte que c’est à environ 7 heures de route de la métropole. »
Comprenant soudainement ce qu’est une région éloignée, plein de questions ont surgi dans son esprit: comment se déplacera-t-il ? Quels types d’épiceries y retrouvera-t-on? Qu’est-ce qu’il y a à Matane ? Il avait un mois pour effectuer ses recherches et trouver (un peu) de réponses à ses inquiétudes. Les obstacles majeurs: les grands centres sont loin entre autres des aéroports et la région est mal lotie en transport. Une automobile est malheureusement nécessaire, ce qui implique des coûts supplémentaires. Heureusement, il a aussi constaté que le coût de la vie est plus intéressant qu’en grande ville. Mais surtout, il a aimé le cadre de vie qui unit à la fois la forêt, la mer et les montagnes au même endroit.
La première session représente le moment où il était davantage concentré sur son adaptation culturelle globale: l’accent, vivre avec l’hiver, les études. Il allait au cinéma toutes les semaines. À partir de la seconde session, il a ressenti le besoin de s’exprimer sur scène, cela lui manquait. Il a alors contacté la SLIM pour faire de l’improvisation, même s’il n’en avait jamais fait; il comptait sur ses 15 ans de théâtre amateur et semi-professionnel en France. Il se rappelle en souriant: « Je me suis dit simplement que de l’improvisation théâtrale, c’était du théâtre, mais pas de texte. » Dans l’avion de retour de vacances en France, il ne pouvait malheureusement pas être présent au camp de sélection. Qu’à cela ne tienne, on lui a demandé un mardi matin de jouer au match du mercredi soir suivant. En guise de préparation, il a reçu les règlements de la LNI et a été visionner quelques matchs d’impro sur YouTube.
Il a vécu un véritable baptême de feu lorsqu’il a réussi à embarquer sur une improvisation au cours de la soirée. Mais ce fut aussi le début d’une belle et longue histoire d’amour avec cet art et son public. C’était aussi une façon pour lui de donner et d’avoir accès à un peu de culture à Matane, où il aimerait qu’elle soit plus présente et variée.
C’est durant cette période que la pandémie a tout arrêté. Au même moment, il déménageait à Amqui pour un stage, suivi d’un poste. Aussitôt déménagé, le stage a été annulé à cause des contraintes pandémiques. Heureusement, Matane n’est pas loin et pendant six mois, il a fait plusieurs allers-retours à Matane. Il est définitivement revenu à Matane dès la fin mai grâce à un nouveau poste qu’il a accepté avec plaisir pour être près de ses amis. 2022 a été une année charnière pour Clément: il est devenu technicien de soutien en informatique à Services partagés Canada et a obtenu sa résidence permanente. Initialement venu pour un an, il aime beaucoup Matane et les opportunités continuent d’affluer. En 2023, il s’est inscrit au programme de jumelage du SANAM afin d’être jumeau d’accueil pour faciliter l’intégration de personnes immigrantes en Matanie. Son jumeau Sébastien et lui se sont découvert une passion commune du cinéma et ont développé un projet de balado : Salle 1. En continuant de développer son réseau et avec ses nombreuses implications extérieures du travail, il prend goût à la région et a décidé de rester tant et aussi longtemps que c’est nécessaire mais, surtout, tant que c’est agréable. Il en apprécie grandement la tranquillité et le côté chaleureux des habitants. Il le dit aisément: « C’est vraiment top de vivre à Matane. »
Rédaction : SANAM
Photos en extérieur : Atelier Camion
Autres photos : Gracieuseté de Clément Devoucoux