AYAD SAMIR AYOUB

Egypte-Matane

Coordonnateur optimisation des revenus – Groupe Bertrand Rioux

Lorsque Ayad Samir Ayoub a défait ses bagages à Matane en décembre 2019, il s’agissait du 26e déménagement à inscrire à sa feuille de route. Cette fois, il souhaite poser ses valises pour de bon et rêve de se construire des souvenirs en Matanie.

Ayad a 41 ans. Il est Égyptien. Il est diplômé en hôtellerie, ce qui lui a permis de beaucoup voyager. Il travaille à Matane pour le Groupe Bertrand-Rioux, en tant que coordonnateur optimisation des revenus. Avant son arrivée au Canada en 2018, il était basé aux Émirats arabes unis. Il a, entre autres, vécu à Dubaï.

« Dubaï est une ville cosmopolite. Dans un hôtel où j’ai travaillé, il y avait 38 nationalités différentes parmi les employés. C’était une diversité intéressante et enrichissante. »

Comment l’idée de vivre au Canada a-t-elle fait son chemin dans sa tête ? « J’ai un frère qui vit à Montréal. Il m’a encouragé à venir vivre au Québec, explique-t-il. Je l’ai visité deux fois à Montréal avant de choisir de m’installer définitivement au Canada. »

En octobre 2018, après avoir quitté son emploi aux Émirats arabes unis, Ayad est arrivé à Montréal. Parlant arabe (sa langue maternelle) et anglais, il s’est tout de suite fait un devoir d’apprendre la langue officielle du Québec, le français, et s’est inscrit en francisation au Cégep Marie-Victorin.

Lors d’une sortie avec sa classe de francisation, le hasard a bien fait les choses pour le nouvel arrivant : « Nous sommes allés à un salon de l’emploi. Il y avait un kiosque sur la Gaspésie. Je m’y suis tout de suite rendu. J’avais vu un documentaire sur la région qui m’avait beaucoup intéressé. J’ai discuté avec Stéphanie, agente de migration à Place aux jeunes Rocher-Percé.

Elle m’a dit : “Ça tombe bien ! Je viens tout juste de recevoir une offre d’emploi dans ton domaine”. C’était au Riotel Percé. J’ai appliqué ! » C’est ainsi que Ayad a décroché un emploi saisonnier avec vue sur le légendaire rocher, l’île Bonaventure et les fous de Bassan. Anne Dupéré, qui travaillait à l’époque pour le Groupe Bertrand-Rioux, lui a ensuite offert du travail à Matane.

Cette nouvelle vie professionnelle en Gaspésie et en Matanie plaît beaucoup à Ayad : « Depuis mon arrivée, mon expérience de travail est très positive. La hiérarchie qui existe ailleurs, surtout à l’extérieur du Canada, ne s’applique pas ici. Mon Patron à Percé, Éric, ma patronne au siège social, Nathalie, Anne, Johanne, M. Rioux et l’équipe de la direction, toutes ces personnes ne m’ont jamais fait sentir qu’elles sont supérieures à moi. L’ambiance est très amicale, familiale et accueillante. J’apprécie beaucoup cela ! » Le Néo-Québécois ajoute en rigolant qu’il a encore de la difficulté à ne pas vouvoyer tout le monde et à appeler les gens par leur prénom. Il n’a jamais vécu cela avant dans un milieu de travail.

Dubaï et Matane sont aux antipodes, c’est le moins qu’on puisse dire. Ayad accueille ce changement de décor avec le sourire : « Je m’adapte très vite ! J’aime beaucoup la nature, les grands espaces. Ici, le style de vie est paisible, tranquille. Ça me plaît. J’ai déjà fait plusieurs tours de la Gaspésie. Je dis à mes collègues: « Je suis plus Gaspésien que vous ! », à la blague.

Lorsqu’il est en congé, Ayad part à la découverte des plages, des lacs et des sentiers de La Matanie et de la Gaspésie. « Je prends des marches au Parc des îles, au Carrefour nature. Je suis aussi allé à la Grotte des fées de Saint-Léandre », raconte-t-il. Le Matanais de cœur a envie de connaître son nouveau milieu de vie et de profiter de la splendeur des plages.

En Égypte, une enseignante avait déjà dit à Ayad que pour apprendre le français, il fallait vivre dans un univers francophone. Pour elle, le français allait avec une façon particulière de vivre et de voir les choses. Ayad en prend davantage conscience maintenant : « Je veux connaître la culture québécoise. C’est ce qu’il me manque. Je vais écouter la radio, des chansons québécoises, des films québécois, participer à des activités, pour comprendre les valeurs québécoises. Parfois au travail, lors de discussions, je ne trouve pas de sujets à aborder. Il me manque des références culturelles pour bien m’intégrer. Je dois développer ça. »

Ayad s’imagine fonder une famille ici. Le hasard doit maintenant mettre sur son chemin une douce moitié avec qui il pourra vivre des jours heureux en Matanie.

Rédaction : Mélanie Gagné Créatrice de contenu
Photos en extérieur : Atelier Camion
Photos en entreprise et vidéo : Triango.net